L'Homo sapiens - sapiens (80000 av. JC)

Il n'existe bien entendu pas de témoignages écrits de cette époque, mais des objets ou des outils qui, à l'aube de l'humanité, témoignent d'un souci de sécurité et de confort de travail pour l'ouvrier, parfois même d'une tentative d'adaptation ergonomique.

Ainsi : d'une hache de pierre polie trouvée dans la Marne présentant un orifice ovalaire permettant la fixation d'un manche empêchant l'outil de s'échapper, d'une faucille néolithique en bois et silex découverte en Egypte présentant un rebord protecteur, de plaques d'os ou de schiste protégeant le poignet du tireur à l'arc.

L'éclosion de la métallurgie (cuivre, bronze ou fer) accentuera certains détails à motivation protectrice (garde des glaives..) non seulement sur les armes, mais aussi sur les outils ménagers ou artisanaux.

L'Egypte pharaonique

L'apparition à cette époque de l'écriture nous permet de disposer de quelques témoignages plus précis.

Ainsi, de ce papyrus datant de 2500 ans av. JC qui désigne un certain Metm qui lui attribue le titre de "médecin des serfs" et qui le charge de veiller sur "l'état de santé des ouvriers et esclaves employés sur les grands chantiers".

Toutefois, cette fonction ne doit pas faire illusion, car à cette époque, médecin et sacerdoce religieux se confondent souvent et le médecin apparaît alors plus comme un médiateur entre les divinités et le peuple. Et c'est probablement sous cet angle qu'il convient également de considérer le commandement du repos dominical, le sabbat, tel que les textes nous le révèlent, notamment dans la Genèse et l'Exode : "...Le 7ème jour est un sabbat pour Yahvé ton Dieu, tu n'y feras aucun ouvrage, toi, ni ton fils, ni ta servante.. Ainsi comme toi-même... ils pourront se reposer".

La Grèce et Rome

L'ère hellénistique marque véritablement un tournant en médecine, car c'est à cette époque que naît son esprit scientifique et que les philosophes - observateurs tentent de ramener à des causes physiques, les phénomènes biologiques observés.

En quelques centaines d'années et de cette attitude va surgir l'ébauche de la médecine moderne.

Après Pythagore - Empédocle - Démocrite, qui furent tous également médecins, c'est bien entendu Hippocrate (460 - 380) qui dans l'île de Cos, va édifier la plus grande et plus complète fresque que la médecine n'ait jusqu'alors connue.

Ainsi figurent dans ses œuvres les premières descriptions objectives d'affections pathologiques et notamment la colique de plomb dont étaient atteints les ouvriers travaillant à son extraction.

Le monde Romain qui a succédé à la Grèce n'est pas totalement ignorant des séquelles pathologiques du travail humain.

Dès le 2ème siècle av. JC, c'est Lucrèce qui s'émeut du drame des mineurs de mercure. Plus tard, c'est Vitruve, ancien officier du génie qui signale le danger des canalisations de plomb et surtout Celse, encyclopédiste et chroniqueur médical de génie, qui vers l'an 30 av. JC, parle de l'intoxication par la céruse qu'il faut contrecarrer, dit-il, par un traitement émétique.

A cette époque, il faudrait encore citer le médecin militaire Discoride dont les écrits sur la toxicologie serviront longtemps de base de travail à l'école hellénistique d'Alexandrie et notamment à Paul d'Egine, autre grand nom de la médecine.

Ainsi, après l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie par les Arabes en 642 a.p. JC, ce sont les médecins musulmans, juifs et chrétiens d'Orient qui héritèrent des travaux de cette école. Le plus connu fut sans doute Maimonide qui naquit au XIIè siècle à Cordoue et devint le médecin de Saladin, vainqueur des croisés, ainsi qu'Arnaud de Villeneuve qui enseigna à Montpellier vers 1289.